La violence sans voile
Le Ministère du
vice et de la vertu
Officiellement intitulé « Ministère
pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice », il existe bel et
bien en Afghanistan, et il est chargé de veiller au respect de la loi
islamique, la Charia. Sa mission première est la Répression des femmes,
dans ce pays pauvre où les Talibans exercent un pouvoir absolu (ils sont 60 000
pour une population globale de 40 000 000 d’habitants).
Les acteurs du mal sont généralement caractérisés par l’inversion
qu’ils font des vraies valeurs. Poutine dit qu’il recherche la paix en Ukraine,
Trump œuvre pour le bien de l’humanité, Xi aime son peuple démesurément.
Au
grand concours des illusions, de la méconnaissance et des mensonges, les
Talibans peuvent être placés en tête. En gros ─ évidemment en très
gros ─, les hommes, menaçants, bardés de fusils automatiques, méchants, sont du
côté de la vertu. Ils la défendent armes à la main. Le principe est simple et
peut être compris par le premier imbécile venu ─ de préférence le premier
imbécile venu : tout ce qui représente la force est juste, sans réserve
aucune. C’est le monde du « dur », dirait Michel Serres.
Le monde « doux », celui des femmes, est en revanche dominé
par le vice, et que faut-il leur interdire pour les protéger du vice ? Tout.
Même la musique est interdite, et si le muezzin chante encore, c’est à
condition que sa psalmodie ne soit pas accompagnée par un rythme (tambour ou
percussion). Protégées ainsi, elles échapperont à l’enfer, qu’elles auront
connu sur terre…
Les femmes sont des mères, des nourricières, des éducatrices, qui se
plaisent dans les étoffes douces et dans les maquillages qui rehaussent leur
beauté, elles sont des créatures de Satan. Il est bien connu, n’est-ce pas, que
le monde a été créé par deux divinités : Allah et Satan ─ bien qu’Allah
soit unique… Comprenne qui pourra.
Quels beaux regards cachent-elles sous leurs voiles joliment
plissés ? Quand on croise les regards des hommes, ils sont agressifs,
méfiants, plein de ressentiment. On les dit fiers, ils ne sont que méprisants.
Si au moins les « vainqueurs » avaient l’air heureux ! Ils ne le
sont manifestement pas et vivent terrifiés par leur propre violence. S’ils
perdaient leur brutalité, ils auraient le sentiment d’être émasculés.
Comment vit-on dans un monde sans femme ? Allez le leur demander et
n’interrogez pas les jeunes adolescents danseurs qui font fantasmer les
suprémacistes mâles !

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