Shakespeare

 

 

Timon, le misanthrope

Timon.                                    Dive in the earth,
And fence not Athens ! Matrons, turn incontinent !
Obedience fail in children ! Slaves and fools,
Pluck the grave wrinkled senate from the bench,
And minister in their steads ! To general filths
Convert o’ the instant, green virginity !
Do ’t in your parents’ eyes ! Bankrupts, hold fast ;
Rather than render back, out with your knives,
And cut your trusters’ throats ! Bound servants, steal !
Large-handed robbers your grave masters are,
And pill by law. Maid, to thy master's bed ;
Thy mistress is o’ the brothel! Son of sixteen,
Pluck the lin’d crutch from thy old limping sire,
With it beat out his brains ! Piety, and fear,
Religion to the gods, peace, justice, truth,
Domestic awe, night-rest, and neighbourhood,
Instruction, manners, mysteries, and trades,
Degrees, observances, customs, and laws,
Decline to your confounding contraries,
And let confusion live !


TIMON.                        Que la terre t’engloutisse,

Et qu’Athènes soit sans défense ! Mesdames, cédez à la

     concupiscence !

Enfants, refusez d’obéir ! Esclaves et fous,

Renversez de leurs bancs les sénateurs austères et ridés,

Et gouvernez à leur place ! Vierges encore pures,

À la corruption générale consacrez-vous tout de suite !

Et faites ça sous les yeux de vos parents ! Failliteurs

     frauduleux, ne vous gênez pas :

Ne remboursez rien, et avec vos couteaux, tranchez

La gorge de vos créanciers ! Serviteurs attachés à vos maîtres,

     volez-les !

Vos austères patrons sont des voleurs éhontés

Qui pillent en toute légalité ! Servante, va dans le lit de ton

     maître :

Ta maîtresse est au bordel.  Garçon de seize ans,

Arrache la béquille de ton vieux père boiteux

Et fais-lui sauter la cervelle avec ! Sainte frayeur,

Vénération due aux dieux, à la paix, la justice, la vérité,

Au respect familial, au repos nocturne et au bon voisinage,

Éducation, bonnes mœurs, métiers et confréries,

Hiérarchies, discipline, coutumes et lois,

Corrompez-vous, confondez-vous à vos contraires,

Et vive le chaos !


Timon d’Athènes, IV, 1, 2-21.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La violence instituée

Éducation

La violence et le sacré