Rivalités nocives
Partitions
De partitions en subdivisions, jusqu’à quel
degré de séparation pouvons-nous aller ? Le « goût de la
différence » est souvent poussé très loin. C’est une obsession de se
différencier. Entre un Suisse du canton de Vaud et un Jurassien de
Saint-Claude, savez-vous faire la distinction ?
Dans une famille, il n’y a souvent pas plus différents que les frères et
sœurs… Et pourtant, l’idéal de fraternité (ou de sororité) demeure dans
notre cerveau comme indépassable.
Le
raffinement devient une forme de délire pour les minorités sexuelles. Déjà, il
s’agit de minorités. Mais encore, nous devons distinguer entre les différents
LGBTQ+. Moi-même, je dois bien avoir une part féminine en moi. De quel
« ++ » est-ce que je dépends ?
J’ai toujours été
surpris (et vaguement sceptique) devant une expression telle que « la
lutte contre le racisme et
l’antisémitisme », comme s’il y
avait des nuances de ségrégation au sein du racisme en général, comme si la haine contre les personnes d’origine
sémite était une haine différente de celle exercée contre, mettons, les Noirs.
Une telle expression introduit une discrimination entre les discriminations. Y
aurait-il des races contre lesquelles on risque d’être plus raciste que contre
d’autres ? J’avoue que j’y perds mon sens de l’universalité. *
Au
lieu de comprendre « partition » comme la division des humains entre
eux, nous pourrions comprendre le mot au sens musical. Toute les feuilles de
musique sont différentes selon les instruments de l’orchestre. Mais tout prend
son sens au moment où les instruments se rejoignent dans une exécution commune.
Et les instruments ne doivent pas être jaloux les uns des autres, ni prendre le
dessus sur les autres. Le chef d’orchestre y veille.
Le
« chacun pour soi », c’est la cacophonie. Le « tous avec
tous », c’est l’harmonie et le bonheur.
* Extrait de mon essai Et mon tout est un
homme.

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