Mimétisme

 

 
« À charge de revanche » 

J’ai toujours détesté cette expression. Non, du cadeau que je te fais, tu n’as pas à tirer une « revanche ». Il y a quelque chose de fondamentalement pernicieux dans ce jeu de réciproques, comme des représailles. C’est donnant-donnant. Comme si ma dette pouvait être rachetée… Au contraire, ma dette envers les autres est infinie, et elle ne s’effacera jamais !

   Peut-on imaginer un don sans contre-don ? Bien sûr. Comme enseigneur, j’ai passé ma vie à donner de la connaissance, de l’intelligence, toute mon énergie et mon expérience, contre des sourires et de la bonne volonté. Je n’ai jamais échangé des devoirs contre des notes. Logique de petit marchand. Quelle horreur !

   Comment sortir des jeux de doubles ? En les abolissant, tout simplement. Christine Orsini, éminente girardienne, va jusqu’à dire : « La récompense ou la punition, c’est la même chose. » Je donne, et puis rien, j’attends. L’attente est merveilleuse. Elle n’est « récompensée » par rien, sinon par une grâce.

 

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