Jeunesse
Il ne faut pas que jeunesse passe
« Initium
ut esset, creatus est homo. »
Cette phrase de saint Augustin est reprise comme un leitmotiv par Hannah
Arendt. Elle y revient toujours, obsessionnellement, comme un acte de foi. L’homme a été créé pour que quelque chose
puisse commencer. L’improbabilité extraordinaire de tout commencement, la
« divine surprise » de la Création elle-même sont un prodige toujours
saisissant. « Le nouveau a toujours contre lui les chances écrasantes
des lois statistiques », insiste-t-elle. Le miracle de l’apparition de
l’homme, puis de son hominisation, de son évolution, de l’émergence de sa
conscience et de la connaissance qu’il a du chemin parcouru, n’étonne plus les
modernes qui s’imaginent que tout dépend d’eux et d’eux seuls : tout leur
est acquis. Dans leur vanité frivole, ils oublient la précarité de leur statut
et négligent leur devoir de transmission. Se sentant proches de la fin du
processus, si loin de leur origine, ils en viennent à ignorer qu’ils sont aussi au commencement du monde. Ils se
renient eux-mêmes comme exception. La répétition, les déterminismes, les grands
nombres, la mort l’emportent sans résistance. L’entropie est la règle, banale.
Où trouver la néguentropie ? Quelle
lumière apparaît dans la masse sombre de notre environnement moral ?
Comment l’apercevoir ?

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