René Girard

 

 

Sarah Bernhardt, sculpteur : Après la tempête 

Problématique « fin du monde » 

« La relation loge au cœur de la réciprocité », dit René Girard. Mais il y a deux sortes de « réciprocité ». Celle de la violence, celle des représailles, du coup pour coup, l’enfer mimétique de la loi du Talion. La guerre, par définition, est « réciproque », elle est une « relation ». Mais nous pouvons choisir une autre réciprocité, celle de l’amour du prochain comme soi-même. Voir dans l’autre un double de soi, aussi sacré que soi, il n’y a pas de miroir plus fascinant. C’est l’AUTRE qui fait que je suis JE. Sans ce miroir, je ne sais pas que j’existe, pire, je n’existe pas vraiment. Je te reconnais, donc je suis.

   L’amour est bien plus exigeant que la haine, plus troublant, presque incompréhensible, et totalement indispensable. « Nous ne devrions plus être là, si formidablement travaille la haine.  Or le monde est toujours là », a dit Michel Serres avec raison. Qu’est-ce qui, jusqu’à aujourd’hui, nous a empêchés de tout détruire ? La question est d’autant plus brûlante que nous n’avons jamais été aussi près de tout détruire. René Girard, pessimiste, pense, dans Achever Clausewitz, que nous n’arriverons pas à nous retenir... Mais le pire n’est pas sûr. Pour y croire, il faut revenir à Matthieu 28, 20 : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde… » Sommes-nous sûrs de n’avoir pas été abandonnés ? Avec le mal que nous nous donnons pour nous débarrasser du Créateur !

   Problématique « fin du monde », qui nous fait si peur, quand nous la pensons dans notre solitude.

 

 

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