État de la conscience

 

 

Le péché terminal 

La révolution des Lumières a consisté à croire qu’après nous être débarrassés de Dieu, « nous » allions tout arranger. Merveilleux optimisme qui a duré jusqu’aux Trente Glorieuses. Il est l’heure de tirer le bilan : les trois siècles d’expérimentation de notre raison triomphante aboutissent au désastre d’aujourd’hui. Au point où nous en sommes, il n’est pas sûr que nous soyons encore capables de réparer la planète. Et que dire de nous réconcilier ? Il n’est question partout que de barrières douanières, de murs infranchissables entre les états, de souverainetés exacerbées, de rejet des étrangers, de droits individuels à consommer comme de simples « produits » renouvelables à l’infini, de surchauffe du moi selfique enfermé dans sa bulle ; et nous avons complètement perdu le sens de la culpabilité, tandis que nous sommes responsables de tout.

   Le slogan main stream « il ne faut pas culpabiliser » est la façon qu’a notre méconnaissance de se débarrasser de notre mauvaise conscience (ou de ce qu’il en reste). Comme le disait Michel Serres, le péché n’est pas « originel », comme si nous n’y étions pour rien, il est « terminal », il est devant nous, c’est « la violence de nos relations », aggravée par notre obstination à ne pas la reconnaître.

 

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