Révélation douloureuse

  

Sacré dérisoire 

Nous ne savons plus « produire du sacré », selon l’expression de René Girard. À mesure que la révélation de l’inanité de la violence avance (c’est ce que nous appelons l’Apocalypse), la violence n’apparaît plus comme constructrice ─ tandis que nous continuons de détruire…  Au point que les guerres d’aujourd’hui ne sont plus que des suites d’escarmouches sans fin, absurdes, toujours sanglantes, et dont les auteurs ne savent pas se dépêtrer. Comme une nouvelle Guerre mondiale larvée, hoqueteuse. Les tyrannies font du surplace, expression d’une oppression figée, immobile dans sa raideur, elles sont des révolutions pétrifiées, d’autant plus injustes qu’elles ne sont justifiées par rien !

   La violence spontanée (plus ou moins spontanée) ne produit aucun sens, elle se contemple elle-même dans un état d’hébétude. Ainsi du déferlement des barbares sur Paris après « le sacre » du PSG en ligue des champions. Du saccage, et puis rien. Des meneurs hagards suivis par des moutons enragés. Le langage des commentateurs est encore religieux, mais il s’agit d’une caricature de religion. En plus du « sacre », il est question de « grand-messe », de « match mythique », de héros « entrés dans la légende »… Un journal anglo-saxon est allé jusqu’à écrire que le malheureux footballeur d’Arsenal qui a manqué son tir au but « portait le poids du monde ». Quel calvaire, en effet !

   Jusqu’à quand ce langage pseudo-sacré va-t-il tenir ? Cela peut encore être long. La vérité n’adviendra pas avant que les humains aient enfin compris la dérision de leurs « valeurs », la stupidité de leurs disputes, la vanité de leurs idiologies, la futilité de l’apologie de leur image.

 

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