Les clés de la conscience « Pourquoi le poète [ou dramaturge] ressentirait-il de la fierté à l’idée de fournir à la foule des victimes de substitution ? » René Girard, Shakespeare. Les Feux de l’envie . L’auteur de tragédies, autant que de comédies, jette en pâture à la foule, à ses spectateurs, des monstres à dévorer. De cette catharsis, les spectateurs ressortent comme innocentés, et il n’y a pas pire illusion ! La catharsis est littéralement une purge de l’âme. Quand on y pense, Iphigénie , de Jean Racine, est le récit d’un père infanticide. L’Avare , de Molière, nous présente un père qui ne vaut guère mieux : il est prêt à sacrifier sa fille pour remplir sa cassette déjà pleine ! Et nous sortons du théâtre indignés et convaincus que nous sommes à mille lieux de telles horreurs. Comment l’auteur joue-t-il avec notre naïveté ? Quelle jouissance en tire-t-il ? Quel savoir possède-t-il de l’...