Une histoire vraie

 

L’aborigène blanc 

C’est l’histoire authentique d’un dénommé Narcisse Pierre Pelletier, né en Vendée le 1er janvier 1844. Embarqué comme mousse à l’âge de 14 ans, son bateau fait naufrage au large de l’Australie. Abandonné sur une plage, seul, il est recueilli par les autochtones du clan Wanthaala, qui le soignent, le nourrissent et finissent par l’adopter dans leur tribu. Il apprend la langue, il est initié, il vit nu au milieu d’eux avec des scarifications ornementales sur le corps et des piercings au nez et à l’oreille droite.

   Dix-sept ans plus tard, le 11 avril 1875, Narcisse Pelletier est découvert par hasard par l’équipage d’un navire anglais. L’équipage décide de le « délivrer » de sa tribu sauvage et elle le ramène en France. Là, il est objet de curiosité. Il retrouve sa langue natale. Il subit, paraît-il, un exorcisme : on ne sait jamais… Il se marie mais n’a pas d’héritier. Il meurt à l’âge de 50 ans le 28 septembre 1894.

   Cette histoire de Robinson devenu aborigène est exemplaire de la capacité qu’a un homme d’endosser toute culture sur la planète. Il ne s’agit pas d’un « enfant sauvage » qui perd la notion de la civilisation qui l’a vu naître. Il s’agit bien d’un transfert d’une culture humaine à une autre. Elle est la signature de notre universalité.

 

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