État du monde
Le sabordage de l’Occident
À grand renfort de décrets cinglants,
que le Sénat à la botte finit par avaliser, la Démocratie américaine est en
train de sombrer dans un régime bananier à la sud-américaine. Certains en
sourient. Il n’y a pas de quoi. Que le Président délire est une chose, que son
administration divague, par mimétisme intéressé, par admiration sotte, ou par
fascination aveugle, c’est déjà plus grave.
Que les Institutions, qui se révèlent imparfaites, craquent de toutes
parts, c’est affolant. Que le peuple s’agenouille devant son Néron en
carton-pâte, c’est affligeant. Jusqu’où ce cirque triste peut-il aller ?
La réponse vient d’elle-même : jusqu’à la ruine.
La
ruine financière d’abord. La dette fédérale américaine atteint
désormais 39.400 milliards de dollars, selon les chiffres du Trésor américain,
soit 155 milliards de dollars par mois. Par comparaison, le budget
2026 de la France s’élève à 458,8 milliards d’euros.
À la ruine financière, il faut ajouter la ruine sociale (avec la coupe
claire dans les financements sociaux), la ruine culturelle (mêmes mesures
drastiques), la ruine morale (quel modèle les États-Unis représentent-ils avec
Elon Musk une tronçonneuse à la main ?) Encore une déconfiture au
Moyen-Orient, et que restera-t-il de l’Empire ?
Ce désastre entraînera, forcément, une partie de l’Occident dans le
gouffre. Au moins, économiquement, à cause des « intérêts communs »
entre les deux continents. D’autant plus que quelques potentats extérieurs
soufflent sur les braises faute de pouvoir exercer leur
« puissance ».
L’Europe se prépare au coup et resserre les rangs ─ sauf quelques
hurluberlus hallucinés qui ont choisi la politique du pire. Les Britanniques
commencent à prendre conscience des risques qu’ils encourent en voulant
« jouer perso ». Les rapprochements avec l’UE autrefois rejetée sont
discrets mais révélateurs. La « vieille Europe » aura-t-elle assez
d’énergie, d’espérance en elle, pour échapper à cette faillite ? La
question est centrale. Je voudrais avoir 20 ans !

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