My Fair Lady Inspirée de la pièce de George Bernard Shaw, Pygmalion , la comédie musicale My Fair Lady est beaucoup moins « méchante » que son modèle. Il s’agit quand même du sacrifice d’une jeune femme innocente, jouet des caprices de messieurs qui se croient supérieurs. Mais Audrey Hepburn, dans le film de George Cukor, sublime le personnage de Miss Doolittle et fait de la victime une héroïne magnifique. La scène du bal des Ambassadeurs est exemplaire à cet égard. La victime, Miss Doolittle, est au centre de la meute : toute l’aristocratie, sûre d’elle-même, est prête à dévorer cette petite chose sortie du caniveau. La victime, comme il se doit, est blanche, et pure, et innocente, et peureuse, elle a été jetée là en pâture à la foule unanime et compacte. Et miracle ! La beauté apparaît et fait taire tout le monde. La fragilité même de la jeune femme sacrifiée la rend admirable et sa faiblesse devient sa force. Ou plutôt, sa ...