Paperasse virtuelle

 

 

Les nouveaux ronds-de-cuir 

Messieurs les ronds-de-cuir (sous-titré Tableaux-roman de la vie de bureau) est un roman de Georges Courteline datant de 1891. En 1911, il a été adapté pour le théâtre et a connu un franc succès. On attend aujourd’hui un nouveau Courteline qui viendra nous faire rire (ou enrager) de la bureaucratie virtuelle qui vous écrase. La paperasse, l’amoncellement des dossiers poussiéreux et les fonctionnaires tatillons ont été remplacés par les arcanes de l’informatique et de l’intelligence dite artificielle. Pour la moindre recherche, vous devez suivre des procédures infinies ─ on dit ‘process’ ─, surchargées de codes, de numéros de compte, d’identifiants, de mots de passe ─ avec des minuscules, des majuscules, des signes spéciaux ─, de numéros de référence, d’espaces personnels à créer, de sécuricodes à vérifier sur votre téléphone (dans les cinq minutes). Une fois rendu sur le site, les questionnaires s’enchaînent et vous devez « renseigner » les rubriques selon un rituel obscur et impitoyable : toute « faute » est sanctionnée par une exclusion de la page. La lourdeur administrative, ou bureaucratique, ou cybernétique, est proprement sidérante. Comment ces beaux cerveaux de l’IA s’y prennent-ils pour rendre si compliquée la moindre démarche réglementaire ?

 

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