Questions

 

Zanzibar : Stone Tow, monument aux esclaves 

Pardon et repentance 

De tous les crimes contre l’humanité et il n’en a pas manqué, de l’esclavage à la colonisation sauvage, en passant par l’Apartheid et tous les génocides perpétrés sur notre gentille planète , comment rendre compte ? Les coupables sont rarement présents. Ou bien ils se sont sauvés en changeant d’identité, ou bien ils sont morts depuis longtemps avant qu’on les rattrape. Le procès de Nuremberg s’est ouvert en novembre 1945, un délai incroyablement court après la Seconde Guerre mondiale, mais il n’a permis de juger qu’une poignée de bourreaux.

   Pourtant, les descendants de l’esclavage et des génocides qui n’en sont pas les « héritiers » à proprement parler , viennent aujourd’hui réclamer justice. Quelle justice ? Qui effacera la honte, l’horreur, l’opprobre, l’ignominie des actes commis par nos ancêtres ? Quel châtiment appliquer ? À qui ? Quelle amende payer ? La mort des victimes avait-elle donc un prix ? Leur vie même avait-elle un prix, que les esclavagistes savaient estimer ?

   Je ne sais pas répondre à ces questions. Des juristes en seraient-ils capables ? Pour moi, ces abjections, qui m’arrachent encore des larmes à chaque commémoration, ne rentrent pas dans nos catégories morales ordinaires. Faute de mieux, je les qualifie de péchés. Seule une forme de pardon pourrait atténuer les fautes commises. Mais encore une fois, à qui demander pardon, si ceux qui ont été victimes ne sont plus là ? Et qui peut pardonner ? Qui peut sérieusement se substituer aux victimes ? De quel droit ? Au mieux, peut-on réparer les conséquences des horreurs du passé. Que devons-nous à Haïti ? Comment compense-t-on les formes de misère laissées par la colonisation ? Que devons-nous à tous les pauvres de la planète qui ne sont pas pauvres par leur faute ? Qu’est-ce que la justice ?

 

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