État du monde
Le paradoxe de l’Europe
Dans son « discours de
Metz », le 28 septembre, Léon XIV vante l’universalité de notre petit
continent et il le donne en exemple. Il
souligne que « la civilisation
européenne est […] le fruit de rencontres séculaires », elle est plurielle, diverse, chatoyante. Elle
n’est « une » qu’en étant « multiple ». Au milieu de la
variété de ses sources, Léon XIV nous invite à « redécouvrir la place
centrale de la personne humaine ». Ce n’est pas l’Europe qui a inventé
la « personne humaine, » c’est le christianisme, et singulièrement
Paul de Tarse. Mais quel merveilleux usage nous en avons fait ! Merveilleux
et fragile. Le modèle se fissure, se brise. « Aujourd’hui, les
relations humaines, et entre les États, sont de plus en plus barbares. »
La civilisation recule, décline. Nous connaissons les coupables ! Ceux-là
qui on fait des personnes de simples « parts de marché ».
Mais tout n’est pas désespéré. L’originalité de l’Europe est qu’elle
n’est pas européenne. « L’universalité des valeurs fondatrices de
l’Europe nous assure que le dialogue est possible. » C’est dans
l’échange, le partage, la redistribution que l’Europe s’est faite, pas dans
l’exclusion des autres. Elle avait, autrefois et jadis, essayé la dispute, les
guerres, les divisions, elle a compris, nous avons compris que c’est l’inverse
qu’il fallait faire. Quelques fanatiques religieux et politiques ─ certains se
prétendant chrétiens ─ veulent revenir à avant saint Benoît (480-547). Quelle
dérision. Alors que la promesse n’a pas encore été accomplie !
Toutes ces considérations ne sont pas faites pour tirer gloire d’être
européens, mais plutôt pour nous obliger.

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