Racisme

 

   

Addi Bâ, résistant français,

fusillé par les nazis en 1943. 

Décomplexé 

Associer le mot « racisme » à celui de « décomplexé » est une dérive gravissime. Aujourd’hui, des racistes assez agressifs se permettent de déployer leurs « arguments » venimeux en toute impunité, sur toutes les ondes et tous les médias. Étaient-ils « complexés » auparavant ? Non, ils obéissaient simplement à la loi. Mais ils s’en sentent désormais affranchis et profitent de la tolérance, voire du laxisme des journalistes, des influenceurs, des électeurs, pour étaler leur haine ─ il n’y a pas d’autre mot. Qu’est-ce qu’une « haine décomplexée » ? C’est une haine aggravée, sans retenue morale, sans morale du tout. Ainsi la « liberté d’expression » s’est-elle retournée en liberté de nuire. Un « racisme décomplexé » est un racisme « augmenté ». Une passante (répondant à un micro-trottoir), après qu’elle avait craché sur un noir, se permit de commenter : « Mais je ne crache pas sur tous ! »

   Quelques indignés, quelques insatisfaits, dont je suis, trouvent encore l’énergie de hurler contre de telles pratiques. Cette corruption des mœurs est lourde de menaces. On s’habitue d’abord à la chasse aux étrangers, et l’on ne s’étonne plus bientôt de les envoyer en camps de concentrations, appelés aujourd’hui « centres de rétention ». La durée « légale » de rétention dans un lieu littéralement hors-la-loi est de 90 jours, mais peut être étendue, exceptionnellement, à 210 jours (loi du 27 juillet 2026) sur simple décision administrative.

   La France n’est pas (pas encore) l’Amérique de Donald Trump. Mais nous ne sommes pas loin de la démocrature.

 

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