Sacrifice

 

Donner sa vie 

« Nul n’a d’amour plus grand que celui-ci, de déposer sa vie pour ses aimés. »

Simone Weil, La connaissance surnaturelle. 

   Pourquoi interpréter « donner sa vie » toujours dans le sens de mourir ? Dérive sacrificielle. « Déposer » sa vie entre les mains d’autrui est bien plus joli, et bien plus juste. Offrir n’est pas sacrifier. L’offrande, comme le don, est une joie. Shakespeare l’exprimait ainsi : 

Sonnet 125 

No, let me be obsequious in thy heart,
And take thou my oblation, poor but free,
Which is not mix’d with seconds, knows no art,
But mutual render, only me for thee.

Non, laisse-moi plutôt me soumettre à ton cœur,

Et reçois mon offrande, elle est humble mais libre,

N’est pas faite d’emprunts, ignore l’artifice, 

Préfère le partage : moi pour toi et rien d’autre.


   Ce que j’aime, dans ce quatrain de Shakespeare, c’est ce « non » qui l’introduit. Shakespeare résiste à la banalité du mal, à la mondanité du sacrifice.

 

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