Shakespeare
Moquerie de Shakespeare
Moquerie de Shakespeare sur « l’amour au premier regard »,
par la bouche de Rosalinde-Ganymède (on est loin de Roméo et Juliette) :
Rosalind. There was never
anything so sudden, but the fight of two rams and Caesar’s thrasonical brag of
“I came, saw, and overcame.” For your brother and my sister no sooner met, but
they looked ; no sooner looked, but they loved ; no sooner loved, but they
sighed ; no sooner sighed, but they asked one another the reason ; no sooner
knew the reason, but they sought the remedy : and in these degrees have they
made a pair of stairs to marriage, which they will climb incontinent, or else
be incontinent before marriage. They are in the very wrath of love, and they
will together : clubs cannot part them.
ROSALINDE. ─ On n’a jamais rien vu de si soudain, sauf le combat de
deux béliers et la fanfaronnade de César : « Je suis venu, j’ai vu,
j’ai vaincu. » Car votre frère et ma sœur ne se sont pas plus tôt
rencontrés qu’ils se sont aperçus, à peine aperçus, ils sont tombés amoureux, à
peine amoureux, ils ont soupiré, ils ont à peine soupiré qu’ils s’en sont
demandé mutuellement la raison, à peine en ont-ils compris la raison qu’ils en
ont cherché le remède, et ayant fait une échelle de ces arguments ils en ont
gravi deux marches qui les conduisent incontinents vers le mariage au risque
d’être incontinents avant le mariage. Ils sont en plein emballement de l’amour
et veulent être réunis au plus tôt. On ne pourrait pas les séparer à coup de
bâtons !
As
You Like It, V, 2, 28-40.

Commentaires
Enregistrer un commentaire