Histoire de notre art

 


Baroque savoyard 

Iconoclasme 

Au VIIIe siècle, après que les musulmans ont décidé de ne pas vénérer d’images divines ─ puisque Dieu est invisible, nul n’a le droit de le représenter ─, les chrétiens, surtout les chrétiens d’Orient, ont commencé à détruire leurs icônes. Au cours du VIIIe siècle, les destructions d’images saintes ont connu des répercussions considérables, comprenant des persécutions contre les moines copistes et enlumineurs. Jésus ne devait plus être représenté que par la croix.

   Ultérieurement, au XVIe siècle, la Réforme protestante a dépouillé tous les édifices religieux des statues et tableaux qui les décoraient. Elle a été suivie, par réaction, par la Contre-Réforme catholique, jusqu’au XVIIe siècle, qui se chargea de redécorer les lieux de prières. « Se chargea » est un euphémisme, ce fut plutôt une débordante surcharge artistique, qui donna naissance au baroque et qui continua jusqu’au XVIIIe siècle, à grand renfort de dorures, de sculptures, d’angelots et de motifs variés (surtout végétaux).

   Mais le débat va plus loin que cela. L’art byzantin ─ qui a perduré jusqu’à la « chute de Constantinople » en 1453 ─ ne représentait jamais que les mêmes modèles, reproduits indéfiniment. Ce sont les célèbres icônes orthodoxes avec le Christ Pantocrator, deux doigts levés, les Vierges auréolées et timides…

   La Renaissance italienne a tout bouleversé. Au XVe et au XVIe siècles, les visages humains se sont différenciés. De Vinci, Michel-Ange, Raphaël « créent » des individualités reconnaissables. Les corps sont dénudés, et malgré les protestations des puritains, la chapelle Sixtine se couvre de corps souffrants, vibrants, exaltants. Les sujets sont souvent païens mais le Christ lui-même trouve une certaine sensualité et une force très « incarnée » avec Michel-Ange. S’agissant de l’incarnation, cette image est plus proche de la vérité de Jésus vivant.

 

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