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Féminisme sacrificiel

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    Les combattantes   « La femme est l’avenir de l’homme », chantait le poète. Je suppose qu’il sous-entendait que la grâce féminine, la sensibilité du beau sexe, la fragilité des femmes, leur « nature » qui les conduit à donner la vie plutôt qu’à la prendre, l’empathie spontanée dont on les croit douées, toutes ces belles qualités viendraient à bout de la violence imbécile des machos et signeraient la fin de leur règne injuste depuis plusieurs millénaires. Voire ! Quand elles sont au pouvoir, les femmes ne valent guère mieux que les hommes. De Catherine II de Russie à Margaret Thatcher, en passant par Golda Meier et Indira Ghandi, les femmes qui ont exercé un réel pouvoir se sont comporté aussi lamentablement que leurs pairs masculins. La « masculinité » n’est pas le problème, c’est le pouvoir qui corrompt, c’est tout. Et quand, à présent, les nouvelles féministes déclarent la guerre aux hommes, avec leurs armes, quand elles ...

État du monde

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    Le devoir d’intelligence   Devant l’imprévisibilité du monde, imprévisibilité entretenue sciemment par des « hommes » politiques tels que Trump ou Poutine, que faire ? D’abord, comprendre.    Chacun, je crois, est conscient que tout s’est à peu près détraqué depuis une cinquantaine d’années, en gros après les Trente Glorieuses. L’euphorie de l’après-guerre a fait long feu. Dans les années 1970, nous vivions encore sous l’effet narcotique de mai 68, et puis la dérégulation systématique est venue dans les années 1980, elle était balbutiante au début et l’on pouvait se moquer de Margaret Thatcher et de son ‘I want my money back’. Aujourd’hui, c’est Trump qui réclame 500 milliards de dollars à l’Ukraine pour « l’avance » faite sur les frais de guerre. S’il y a une chose qui a connu un énorme progrès depuis 50 ans, c’est le cynisme !    Tout a explosé à la fin des années 1980, avec ce « couronnement » de l...

Aime ton prochain…

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    … comme toi-même   Il y a une ambiguïté grave dans l’expression « Aime ton prochain comme toi-même ». Beaucoup la comprennent comme « aime ton prochain autant que toi-même ». Il s’agirait donc de commencer par s’aimer soi-même. Il n’y a pas d’oxymore plus vicieux. Je vois mal comment Jésus aurait pu énoncer une telle sottise.    Pascal a parfaitement compris : « Le moi est haïssable ». Il désignait par là l’ego forcené, l’égoïsme aveugle, il dénonçait toutes les « vertus » du petit moi autonome moderne. Il a dit aussi : « Tous les hommes se haïssent naturellement l’un l’autre ». Et en se haïssant mutuellement, en fait, ils adorent leur Moi sacré !    La formule « Aime ton prochain comme toi-même » ne signifie donc pas « autant que toi-même » mais «  en tant que toi-même  ». L’autre, c’est toi. ‘T’is thee myself’, traduit Shakespeare avec une économ...

Éducation

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    Implication   « Le terme explication, utilisé pour l’analyse des textes, est dangereux. Il paraît supposer qu’il y a de l’impliqué, du caché, quelque chose derrière ou dessous la surface apparente, un secret dans le noir du pli ; comme s’il existait un fond et des lecteurs profonds. » Michel Serres, Feux et signaux de brume. Zola , 1975.     En classe, pour favoriser l’implication du « je », la prise de parole ne doit jamais être gratuite, même dans un simple exercice de grammaire. Faire de la grammaire pour la grammaire revient à compter les étoiles sans rêver. L’élève doit parler pour lui-même, il est responsable de ses énoncés et de ses productions. Il ne s’agit pas de « mise en autonomie », mais de « prise de responsabilité », de prise en compte de la personne entière. L’élève s’engage, l’élève s’expose. L’implication est un acte d’audace, c’est une prise de risque par rapport à son maître, par rappo...

Shakespeare

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  L’amour c’est ci, l’amour c’est ça   Phébé est tombée amoureuse de Ganymède (en réalité, Rosalinde déguisée en garçon), mais elle est trop indépendante et trop fière pour céder du premier coup. Elle prend Silvius, son « amoureux », comme témoin de ses états d’âme !   Phebe . Think not I love him, though I ask for him. ’T is but a peevish boy : — yet he talks well ! — But what care I for words ? Yet words do well, When he that speaks them pleases those that hear. It is a pretty youth — not very pretty : — But, sure, he’s proud —and yet his pride becomes him. He’ll make a proper man. The best thing in him Is his complexion ; and faster than his...

La cupidité

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    Le philistin   Le mot « philistin » signifie : «  Personne de goût vulgaire, fermée aux arts et aux lettres, aux nouveautés  ». Pour Hannah Arendt, « le philistin juge de tout en termes d’utilité immédiate et de ‘‘valeurs matérielles’’. » ( La crise de la culture )    Où l’on découvre que ce mot désuet décrit parfaitement bien des comportements contemporains. Pourquoi est-il désuet ? Cette forme de bassesse humaine aurait-elle disparu, ou seulement reculé avec les « progrès de la civilisation » ? J’ai l’impression que c’est le contraire qui est vrai. Les philistins n’ont jamais été aussi nombreux, et voyants, et fiers d’eux-mêmes ! Le mot ne paraît obsolète que par une forme de « méconnaissance active », une volonté de cacher quelque chose dont foncièrement on n’ose pas se vanter. L’appétit du gain, dans sa forme la plus vulgaire, la basse cupidité se répandent comme une « marée ...

La moitié de l’I.A.

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  Pascaline   Géométrie et finesse   Blaise Pascal théorise et met au point, en 1654, la première « calculatrice » connue sous le nom de « Triangle de Pascal » ou « Pascaline ». Grand mathématicien, il avait travaillé sur la combinatoire des coefficients. C’était la première « calculette » de l’histoire, ancêtre de nos modernes ordinateurs…    Dans Discours sur les passions de l’amour (1658), Pascal prévient : « Il y a deux sortes d’esprit : l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse ». L’esprit de finesse relève de l’intuition, de la sensibilité et de l’empathie. Les choses que la finesse perçoit, « on les voit à peine, on les sent plutôt qu’on ne les voit, on a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas eux-mêmes. Ce sont choses tellement délicates, et si nombreuses, qu’il faut un sens bien délicat et bien affiné pour les sentir et pour pouvoir juger droit...